Roys de l’Ancien Régime

1446
Charles le Hardi, alors comte de Charolais
futur Charles le Téméraire

Né à Dijon, fils aîné de Philippe III le Bon et d’Isabelle de Portugal, il est en cette année âgé de treize ans et déjà marié depuis un an à Catherine de France, fille de Charles VII, roi de France et de Marie d’Anjou. Il était chevalier de la Toison d’Or depuis le troisième chapitre de 1433. Il ne portait pas les armes du Charolais, mais bien les pleines armes de Bourgogne, comme celles de son père, brisée cependant d’un lambel d’argent, et ce, jusqu’à 1467, à la mort de son père, ou le lambel sera supprimé.

 

1476
Jean de Bourgogne dit aussi Jean VI de Bourgogne

Né en 1439, il était bâtard légitimé de Jean Ier de Bourgogne dit Jean sans Peur et d’Agnès de Croy. Prévôt de Bruges et de Saint-Pierre à Lille, évêque de Cambrai, archevêque de Trêves, comte de Cambrésis, il mourut à Malines le 27 avril 1480, quatre ans après son exploit en notre Serment, laissant dix-sept bâtards, comme fut dans les habitudes des Ducs de Bourgogne. Sa messe d’enterrement fut d’ailleurs servie par ses trente-six fils et petits fils illégitimes.

1481
Pour Philippe le Beau d’Autriche et de Bourgogne, comte de Charolais: Guillaume ESTOR

Fils de l’empereur du Saint-Empire germanique Maximilien Ier de Hasbourg et de la duchesse Marie de Bourgogne, né à Bruges le 22 juillet 1478, il ne pouvait évidemment tirer lui-même l’oiseau. En effet, s’il vient d’obtenir le collier de la Toison d’Or, il n’a jamais que trois ans à l’époque. En 1482, âgé seulement de quatre ans, il perdra sa mère, deviendra donc héritier du duché de Bourgogne, son père exerçant la régence pour lui en nos Etats. Jusqu’à l’année 1491, lorsqu’il devint chef et souverain de l’ordre de la Toison d’or, il porta les armoiries de son père, brisé d’un lambel d’argent à trois pendants. Elles sont représentées ici. En 1497 il deviendra comte de Flandre ; en 1499, comte d’Artois et en 1504, roi de Castille et de Léon. Ses armes seront donc modifiées chaque fois en fonction. En 1496, il épousera Jeanne Ire d’Espagne dite Jeanne la Folle, fille du roi Ferdinand II d’Aragon et de la reine Isabelle Ire de Castille. Il est le fondateur de la longue dynastie des Habsbourgs d’Autriche en Espagne et père, entre autres, du futur empereur et roi d’Espagne Charles Quint.

Selon HENNE et WAUTERS, en leur « Histoire de la Ville de Bruxelles », c’est au Petit Serment qu’il fut Roy.

Guillaume ESTOR, quatorzième Seigneur de (Grand-) Bigard

La vie de ce seigneur brabançon, fut une longue suite de guerres et de combats. Il avait été nommé panetier de Brabant par lettres patentes de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, comte de Charolais. Blessé d’un coup de serpentine au siège d’Amiens, en 1471, il devint échevin du duc de Brabant, puis échevin de Bruxelles en 1475. C’est donc sous cette fonction qu’il tira l’oiseau pour Philippe le Beau. Il devint ensuite Amman de la ville de Bruxelles de 1477 à 1480, jusqu’au moment ou la Cité fit sa soumission à l’empereur Maximilien.

1510
Philippe, bâtard de Bourgogne seigneur de Sommerdyck, de Blaton, de Cruybecque

Ce fils naturel de Philippe le Bon, et de Marguerite Van PROEST, né en 1466, fut légitimé en 1505. Il fut gouverneur de Gueldre et de Courtrai, Amiral en Flandre en 1498, chevalier de la Toison d’Or en 1501, trésorier général de Zélande en 1515 et finira évêque d’Utrecht de 1516 à 1524.

Nous attirons l’attention sur le fait que nous l’on mentionne toujours Philippe, bâtard de Brabant comme ayant tiré à cette date. La chose est impossible ! Ce dernier, fils illégitime de Philippe, comte de Ligny et de Saint-Pol- qui avait succédé à son frère en qualité de duc de Brabant et Limbourg en 1427 – et de Barbara FIERENS, était effectivement également seigneur de Cruybecke, mais il décéda, deux ans après son mariage avec Anne de BAENST et fut enterré à Bruxelles vers 1465. S‘il fut Roy de notre Serment, ce dut être à une date antérieure. Nous basant sur la date de 1510, nous ne pouvions qu’attribuer l’oiseau à un autre seigneur de Cruybecque !

Par ailleurs, on donne également l’Empereur Maximilien Ier, époux de Marie de Bourgogne et grand-père de Charles-Quint, comme ayant décroché un oiseau en cette même année. Louis HYMANS le cite dans une liste mixte des Roys des Serments de l’arbalète et de l’arquebuse, tandis que WAUTERS le cite dans une liste des Roys des des archers de Saint-Sébastien.Ces sources nous forcent donc à mentionner un deuxième Roy pour 1510.

1510
Maximilien Ier archiduc d’Autriche, Empereur

Né le 22 mars 1459, fils de l’empereur Frédéric III, Maximilien fut élu roi de Germanie en 1486 à l’unanimité par les princes allemands et succéda à son père en qualité d’Empereur germanique en 1493, mais il ne se fit jamais couronner par le pape.

En août 1477, il avait épousé Marie de Bourgogne, fille et unique héritière de Charles le Téméraire, faisant ainsi entrer les Pays-Bas dans les possessions des Habsbourg.

En 1478, le souverain de l’Ordre de la Toison d’Or, Charles le Téméraire étant mort sans héritier mâle, ce sont les chevaliers eux-mêmes qui demandèrent à Maximilien, son beau fils âgé de dix-neuf ans seulement, de devenir Chef et Souverain de l’Ordre de la Toison d’or, alors qu’il n’en était même pas chevalier. Jean de Lannoy, après bénédiction de l’évêque de Tournai lui passa donc le collier au cou lors du premier chapitre suivant, celui du mois d’août de la même année.

Maximilien défendit vaillamment l’héritage de sa femme contre le roi de France Louis XI. Après la mort de celle-ci, en 1482, il devint régent des Pays-Bas, pour son fils, Philippe le Beau.

1512
L’archiduc Charles-Maximilien de Habsbourg Archiduc d’Autriche, Duc de Bourgogne dit Charles-Quint

Le jeune archiduc est alors âgé de douze ans. Il doit se sentir véritablement de chez nous, puisqu’élevé jusqu’en 1517, aux Pays-Bas bourguignons, ayant pour gouverneur Guillaume de CROY, seigneur de Chièvre et instruit par Adrien d’UTRECHT, le futur pape Adrien VI.

Jusqu’en 1516, Charles-Quint portait les armoiries d’archiduc d’Autriche et de duc de Bourgogne seulement : écartelées au 1 d’Autriche moderne, au 2 de Bourgogne moderne, au 3 de Bourgogne ancien, au 4 de Brabant avec sur le tout et en cœur, l’écu de Flandre ; le tout brisé d’un lambel d’azur à trois pendants.

Ce n’est qu’en 1516 qu’il adoptera l’écartelé de son père, puis en 1519, celui d’empereur d’Autriche à l’aigle bicéphale.

Il avait été intronisé en qualité de chevalier de l’Ordre de la Toison d’or alors qu’il n’était âgé que d’un an.

1514
Louis de Luxembourg comte de Ligny, comte de Brienne
comte de Conversano et seigneur d’Enghien et de Roussy

Né en 1418 de Pierre Ier de Luxembourg comte de Saint-Pol et de Marguerite des Baux, neveu de Jean de Luxembourg (qui vendit Jeanne d’Arc aux Anglais), il participa à la reconquête de la Normandie sur les Anglais.

Il avait épousé en 1435 et en première noce, Jeanne de Bar comtesse de Marle et de Soissons, vicomtesse de Meaux, dame d’Oisy, de Dunkerque, de Bourbourg, de Gravelines, dame d’Alluy et de Montmirail, fille de Robert comte de Marle, morte en 1462. (1415 † 1462), puis en 1466 et en seconde noce, Marie de Savoie (1448 † 1475).

Nommé Connétable par Louis XI, il fut soupçonné d’avoir des relations avec Charles le Téméraire. Louis XI le fit alors décapiter et en 1476, reprit Ligny pour le donner à Georges de la Trémoille. Louis de Luxembourg fut donc le dernier de la Lignée des Luxembourg Comte de Ligny et la date de notre événement ne semble pouvoir être considérée comme correcte !

1515
Philippe de Clèves Seigneur de Ravenstein

Fils d’Adolphe II de Clèves, Seigneur de Ravenstein (1425-1492, petit-fils du duc de Bourgogne Jean sans Peur et de Béatrice de Portugal (†1462, fille de Jean Ier de Portugal et sœur du célèbre Henri le Navigateur).

Son père, chevalier de l’Ordre de la Toison d’Or, remplissait de hautes fonctions à la cour de Bourgogne. Après la mort de sa première épouse, il s’était remarié avec Anne de Bourgogne, gouvernante (et tante) de la jeune duchesse Marie de Bourgogne. Philippe fut un compagnon de jeu de celle-ci.

Philippe, Monseigneur de Ravenstein, comme ses contemporains l’appelaient, épousa en 1485 Françoise de Luxembourg (†1523), fille du châtelain d’Enghien, elle-même seigneur d’Enghien à cette époque et exerça dès lors le droit seigneurial sur cette ville au nom de son épouse, comme le voulait la coutume.

En effet, à la mort de son père, Françoise avait, selon le droit féodal hennuyer — la seigneurie d’Enghien étant toujours tenue en fief du comte de Hainaut — obtenu en qualité de fille cadette et en compensation, l’héritage portant sur plusieurs fiefs – la seigneurie d’Enghien. Lorsque cette dernière décéda brusquement, sans enfant, le 5 décembre 1523, le château et la seigneurie d’Enghien revinrent cependant à sa sœur Marie de Luxembourg devenue par mariage princesse-douairière de Vendôme, laquelle était héritière en droit en vertu de sa préséance d’aînée.

Philippe, qui avait joué un rôle culturel important à Enghien et avait apporté de nombreuses et très belles améliorations au château, se vit donc à ce moment obligé de le quitter et se retira au château de Wijnendaele, propriété depuis 1410 des ducs de Clèves. Il y mourut trois ans plus tard d’une attaque d’apoplexie ; sa femme et lui furent enterrés à Bruxelles, dans l’ancienne église des Dominicains.

1516
Comte Henri III de Nassau-Dillembourg et de Vianden Baron de Breda et de Dietz, Vicomte d’Anvers

Fils de Jean III de Nassau et d’Elisabeth de Hesse, fut, au service de Charles-Quint, ambassadeur auprès du roi de France et grand militaire. Les incursions françaises dans le Hainaut et l’Artois cessèrent après qu’il eut pris Tournai le 2 décembre 1521. Il mourut à Bréda en 1538.

A Bruxelles, la chapelle Saint-Georges, appelée ordinairement chapelle de Nassau, seul vestige de l’hôtel du même nom, fut construite pour Henri de Nassau, en style brabançon.

1518
Duquesnoy, pour Marguerite d’Autriche Archiduchesse d’Autriche, duchesse de Bourgogne et de Savoie alors gouvernante des Pays-Bas bourguignons pour son neveu Charles Quin
t

 

Fille de Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne. Fiancée (ou mariée) le 23 juin 1483 à Amboise avec le futur Charles VIII de France et répudiée en 1489. Mariée en 1497 avec Jean de Castille et d’Aragon, prince des Asturies. Mariée en 1501 avec Philibert II de Savoie. Morte sans postérité.

Charles-Quint, obligé de délaisser ses provinces bourguignonnes afin de rétablir un certain ordre dans la péninsule ibérique, laissa nos provinces sous la gouvernance de sa tante, Marguerite d’Autriche. Très éloignée du petit peuple, ne connaissant pas le flamand, mais possédant une intelligence remarquable, elle gouverna avec une fermeté exceptionnelle. Elle fut très aimée par la bourgeoisie et la noblesse de nos régions.

En princesse d’origine bourguignonne, n’ignorant rien de nos coutumes elle accepta l’invitation lui faite, en l’année 1518, de participer à notre tir, dit Henri PIRENNE dans son Histoire de Belgique. Il est de coutume d’attribuer ce tir à son délégué DUQUESNOY. Un doute subsiste tout de même. Ce serait peut-être bien elle qui aurait décroché le papegai.

Duquesnoy ou du Quesnoy

Nous n’avons retrouvé qu’un du Quesnoy à cette époque qui puisse répondre à notre personnage : Jean, docteur es droit, conseiller du Conseil de Brabant, fils de Simon et de Marie VAN DER TOMMEN. Il fut enterré à l’Eglise Sainte-Gudule de Bruxelles et était l’époux d’Anne VAN HEYLEWEGHEN, fille de Louis, chevalier, seigneur de Sart, président du Conseil de Flandre et d’Isabelle VAN VOSSEM.

1525 ou 1527
Philippe de Lalaing comte de Hoogstraeten, gouverneur de Gueldre
signalé parfois chancelier de Brabant

Il est le second fils de Charles Ier de Lalaing et de Jacqueline de Luxembourg et avait hérité du Comté de Hoogstraeten ainsi que des terres de Borrsèle, Eeckeren et Zuylen de son oncle Antoine de Lalaing, mort sans postérité.

Il épousera Anne, Comtesse de Reynebourg.

A remarquer qu’en qualité de second fils, il brise les armes de Lalaing d’un lionceau de gueules dans le premier des dix losanges.

 

1533
Robert de Croÿ Évêque de Cambrai

Sixième enfant d’Henri de Croij, comte de Porcéan et de Seneghem et de Charlotte de Chateaubriand, les archives familiales affirment qu’il serait né vers 1507.

Il devint évêque-duc de Cambrai (C’est d’ailleurs sous cette fonction qu’il est renseigné dans l’habituelle liste des Roys) et prince du Saint-Empire, succédant à son frère Guillaume, en 1519. Vous avez bien lu, à l’âge de douze ans ! Il mourut le 31 août 1556.

Nous n’avons pas retrouvé grand-chose de son pontificat. Il résidait le plus souvent à Condé où il s’était fait construire une riche demeure dans laquelle il collectionnait oeuvres d’art et bibliothèque. Certains de ses livres font la richesse de la bibliothèque municipale de Cambrai, notamment un graduel (Recueil de partitions musicales) enluminé qui fut exécuté pour lui. L’actuel Hôtel de Ville de Cateau-Cambrésis fut construit sous son pontificat.

1534
Marie d’Autriche ou de Hongrie

Née à Bruxelles, le 15 septembre 1505.

Elle était l’avant-dernière des six enfants de Philippe le Beau, Archiduc d’Autriche et de Jeanne de Castille (Jeanne la Folle). De cinq ans la cadette de Charles Quint, Marie épousa en 1522 Lajos Jagellon (Louis II), héritier des trônes de Bohême et Hongrie, mais devint veuve quatre ans plus tard, son mari étant tué à la bataille de Mohaçz contre les Turcs.

En 1531, à la demande de Charles Quint, elle devint Gouvernante générale des Pays-Bas.

Comme tout bon Habsbourg, Marie de Hongrie se passionne pour la chasse et les sports équestres. Elle entretient une importante meute et une fauconnerie. Son tempérament masculin lui vaut d’ailleurs le surnom de « mâle chasseresse » lui fut donné par Brantôme. L’administration de la vénerie et maison de Boitsfort lui fut de surcroît donnée par l’empereur, en l’an 1543. En d’autres termes et pour parler brabançon, elle a été nommée « Grand Veneur de Brabant ». Nous ne devons donc pas nous étonner qu’elle ait décroché l’oiseau ! Mais, selon Alphonse WAUTERS dans « La Belgique Communale » paru en 1847, il est signalé que ce fut au Serment de Saint-Georges et non au Grand Serment.

Sur le plan des arts, cette humaniste et mécène fit de sa cour l’une des plus brillantes de son temps ; ses séjours fastueux dans son palais de Binche et son pavillon de chasse de Mariemont en perpétuèrent longtemps le souvenir Marie mourut le 18 octobre 1558, en Espagne.

1537
Pour Erard de la Marck cardinal-évêque de Liége : Pierre van den Cleygate

Troisième fils de Robert Ier de la Marck, seigneur de Sedan, et de Jeanne de Saulcy, dite de Marlay, Dame de Florenge. Il était le neveu de Guillaume de la Marck, le célèbre « sanglier des Ardennes ». Il étudia à l’Université de Cologne (droit civil et droit canon) avant de perfectionner sa formation à la cour du roi de France Louis XII, qui lui obtint le titre de prince-évêque de Liège que convoitaient également les Habsbourg.

Élu à l’unanimité le 30 décembre 1505, avec l’appui du Pape Jules II (1503-1513) et du roi de France Louis XII, contre Jacques de Croy, évêque de Cambrai, soutenu par Philippe le Beau, il fut sacré le 2 mai 1506.

Suivant « Die Nieuwe Chronijcke van Brabant », lors du tir du Pierre VAN DEN CLEYGATE, Marie de Hongrie s’était mêlée aux arbalétriers et avait essayé, mais en vain, de leur enlever le prix de l’adresse.

Nous n’avons rien retrouvé concernant le « VAN DEN CLEYGATE », un sujet probablement liégeois !

1538

Charles Hannaert ou encore Chevalier Charles de Redeghem, baron de Liedequerque, dit Hannart connu aussi sous le nom de Charles de Redeghem vicomte de Bruxelles, Leeuwe, Sombeke et de Lombeke

Epousa Anne SOHYFFE, fille de Jean, chevalier; et de Jeanne DE BEROHEM, dame de Schelle et de Laer. Il est le fils de Jean DE REDEGHEM, chevalier, vicomte de Bruxelles par achat de l’an 1537; dit HANNART ou HANNAERT, anobli par l’empereur Charles-Quint, dont il était secrétaire. Sa femme, la mère de Charles, Marguerite VILAIN, était vicomtesse DE LOMBEKE, dame DE LIEDEKERCKE, Leeuwe.

 

1540
Maximilien d’Egmont comte de Buren et de Leerdam, seigneur d’Ysselstein, Saint-Martensdyck, de Gavre et du pays de Kuyck

Né en 1509, fils de Floris d’Egmont et de Marguerite de Berghes, il fut Stadhouder (Gouverneur) de Frise et chambellan de l’Empereur, .

Marié à Françoise de Lannoy, dame de Rollancourt, il eut une fille unique, Jeanne, qui épousa en l’année 1551, Guillaume Ier d’Orange-Nassau.

Il devint chevalier de la Toison d’Or en 1531. Encore dut-il se justifier auparavant du fait qu’il prononçait trop souvent des jurons.

Il mourut le 24 décembre 1548.

1551
Lamoral, comte d’Egmont prince de Gavre et de Steenhuisen

Chevalier de la Toison d’Or en 1546.

Né le 18 novembre 1522 à Lahamaide en Hainaut, décapité le 5 juin 1568 à Bruxelles, a été capitaine général des Pays-Bas et conseiller d’État de Flandre et d’Artois sous Philippe II d’Espagne.

Le comte d’Egmont et prince de Gavre, est né dans une des familles les plus riches et nobles des Pays-Bas espagnols. Il était le neveu du roi d’Espagne par sa mère. Il reçut une éducation militaire en Espagne. En 1542, il hérita de la province de Hollande et d’autres biens à la mort de son frère Charles d’Egmont. Il épousa Sabine de Bavière (comtesse palatine de Simmern) le 22 mai 1544, ce qui le rendit encore plus riche.

Il servit dans l’armée espagnole et battit les Français à Saint-Quentin en 1557, et Gravelines en 1558. Grâce à ces victoires, il monta dans l’estime du roi Philippe II, qui l’envoya en Angleterre pour lui ramener la main de Marie Tudor, reine d’Angleterre. Le roi Philippe II le nomma stathouder (gouverneur-conseiller d’État) de Flandre et d’Artois.

Voir suite en 1559…

1557
Pour Philippe II : le duc de Croÿ

Philippe II d’Espagne, né en 1527 à Valladolid et mort le 13 septembre 1598 au palais de l’Escurial, est roi d’Espagne, de 1555 à sa mort, et roi du Portugal à partir de 1580 ; c’est un prince espagnol de la maison de Habsbourg.

En 1556, après l’abdication de son père et sa retraite au monastère de Yuste, Philippe devint roi d’Espagne (1558-1598), sans compter de nombreux autres titres, tandis que les princes-électeurs du Saint Empire romain germanique portaient à leur tête le frère cadet de Charles Quint, Ferdinand Ier(1503-1564), suite aux efforts de la Ligue de Heidelberg afin d’empêcher l’élection de Philippe II à cette dignité.

1558
Philippe de Croy, IIIe duc d’Arschotprince de Château-Porcéan, de Chimay et du Saint-Empire comte de Beaumont et de Seneghem, baron d’Araines, Montcornet, Bierbeeke, Rotselaer, Heverlé, Quiévrain, 
marquis de Renty

Né le 10 juillet 1526 à Valenciennes, décédé le 11 décembre 1595 à Venetie – Fils de Philippe de Croÿ, prince de Chimay et d’Anne de Croÿ – Marié en première noce avec Johanna-Henriette VAN HALEWIJN, vicomtesse de Nieuport, et en seconde noce à Jeanne de Blois de Trèslong.

Il fut ambassadeur de Philippe II et c’est sous ce titre qu’il dut tirer chez nous, tant l’année précédente pour compte de son souverain, que cette année pour lui même. Il deviendra par après, conseiller d’Etat en 1565 et gouverneur de Flandre en 1577.

1559
Lamoral, comte d’Egmont, prince de Gavre de Steenhuysen, Baron de Fiennes, Gaesbeke et Hamaide, Seigneur de Purmerent, Hoogwoude, Aertswoude, Beyerland, Sottenghien, Dondes, Auxy et Baer

Chevalier de la Toison d’or (1546, Utrecht). Chambellan de Sa Majesté Impériale.

Epoux de Sabine de Bavière (10 juin 1578), soeur de Frédéric III, électeur palatin.

Il fit alors partie du Conseil d’État, aux côtés de Guillaume, prince d’Orange et du comte de Hornes. Ils s’unirent tous les trois en protestation contre les abus envers les libertés des citoyens des Provinces, que celles-ci soient religieuses ou économiques. En 1565, il fit même un voyage jusqu’à la cour d’Espagne pour informer Philippe II de ses désaccords avec sa politique. De retour aux Provinces, une insurrection survint et Egmont appliqua les lois et édits du roi, par preuve de soumission à celui-ci.

Alors que le duc d’Albe faisait route vers les provinces des Pays-Bas, Guillaume d’Orange s’échappa de Bruxelles et conseilla au comte d’Egmont et au comte de Hornes de faire de même, mais ils ne le firent pas. Lorsque le duc d’Albe mit en place le Conseil des troubles, il fit arrêter les deux comtes. Ils furent jugés et condamnés à mort, bien qu’ils ne fussent pas protestants. Ils furent tous deux décapités le 5 juin 1568 à Bruxelles, sur la Grand-Place. Cet évènement marque le début de la guerre de Quatre-Vingts Ans, celle qui permit aux Provinces du Nord (les Pays-Bas actuels) d’accéder à l’indépendance.

Son corps fut transporté de nuit, avec celui de Philippe de Montmorency, comte de Hornes et ce malgré l’interdiction du Duc d’Albe, par les arbalétriers de la Gilde du Grand Serment au couvent des Recollets. Nos prédécesseurs rendirent alors les derniers honneurs à ce seigneur qui avait été deux fois Roy de notre Serment. Le duc d’Albe voulut les condamner, mais Philippe II, depuis Madrid, accorda un pardon général à notre Serment.

Il fut inhumé le lendemain de son exécution à Zottegem, dans la propriété de sa femme, dans une crypte où tous deux reposent entourés de leurs onze enfants.

1562 et 1566
Guillaume de Nassau, dit « le Taciturne », prince d’Orange
comte de Diets, de Vianden et de Katzenelbogen, vicomte (Burgrave) d’Anvers et de Besançon, baron de Breda

Né le 24 avril 1533 à Dillenburg, mort le 10 juillet 1584, assassiné au Prinsenhof de Delft par Balthazar GERARD.

Il fut prince d’Orange, comte de Nassau à partir de 1533, stathouder de Hollande, de Zélande et d’Utrecht de 1559 à 1584.

Il eut quatre épouses : 1) en 1551, Anne d’Egmont, comtesse de Buren et Leerdam, dont nous avons déjà parlé sous l’année 1551 ; 2) en 1561, Anne de Saxe ; 3) en 1575, Charlotte de Bourbon-Montpensier et 4) en 1583, à Louise de Coligny.

Il est connu pour avoir été l’initiateur et le chef de la révolte des Pays-Bas contre le roi d’Espagne Philippe II. Cette révolte est souvent appelée guerre de Quatre-Vingts Ans et mena à l’indépendance des Pays-Bas.

1568
Pour Gabriel Ferdinand Alvarez de Tolède, duc d’Albe : Gabriel Manriquez

Ferdinand Alvare de Tolède, ou Fernando Álvarez de Toledo y Pimentel (1508-Tomar (Portugal) / 1582), troisième duc d’Albe de Tormes, Grand d’Espagne, duc de Huescar, marquis de Coria, comte de Salvatierra, vice-roi de Naples, gouverneur des Pays-Bas,de 1567 à 1573, est issu d’une des familles les plus distinguées de Castille.

Il joua un grand rôle dans beaucoup de batailles au service de l’Espagne et de cette façon gagna l’estime de son empereur Charles Quint. Sous Philippe II d’Espagne, il tenta de réduire les rebelles aux Pays-Bas espagnols, prit le rôle de régent à la suite de Marguerite de Parme de 1567 à 1573 lorsque Luís de Zúñiga y Requesens prit le relais.

Le nom sous lequel il est connu lui vient de son château d’Alba-de-Tormès.

1576
Charles de Ligne, comte d’Arenberg

Fils de Philippe-François, premier duc d’Arenberg (par diplôme du 9 juin 1644), et de Madeleine de Borgia y Doria. Né en 1550, il mourra en 1616. Son épouse était Marie-Henriette de Cusance et de Vergy.

Homme de guerre chargé de nombreuses ambassades, il participa au siège d’Anvers en 1584, au siège de l’Ecluse en 1587 et à celui d’Ostende en 1602. Chef des finances et chevalier de l’ordre de la Toison d’or par promotion directe de Philippe II en 1586; il remplaça le comte de Mansfeld comme gouverneur des Pays-Bas en 1594. Conseiller d’État et amiral en 1599.

1578
Philippe, comte d’Egmont, prince de Gavre et de Steenhuyse
baron de Gaesbeek, Fiennes, Hamaide, Viernes, Auxy, seigneur d’Armentières, Arkinghem et Sotteghien

Né en 1558, fils de notre ancien Roy Lamoral comte d’Egmont, lequel avait été décapité en 1568, et de Sabine de Bavière. Malgré le supllice de son père, il resta fidèle à Philippe II d’Espagne.

Il s’était marié le 27 septembre 1579 avec Marie de Hornes dame de Leende (Fille de Martin de Hornes) et mourut le 14 mars 1590, battu et tué à Ivry-sur-Seine alors qu’il commandait les espagnols en guerre contre Henri IV. Il ne laissait aucune postérité.

 

1587
Alexandre Farnèse, Prince de Parme OU, suivant certains auteurs
Marguerite de Parme, sa mère

Il ne peut s’agir de Marguerite de Parme.

Cette dernière était née à Audenarde, dans les Flandres, de l’empereur Charles Quint et de Jeanne VAN DER GHEYNST, fille d’un tapissier. Elle fut reconnue par son père et éduquée selon les préceptes prévus pour son rang. Sa préceptrice fut Marguerite, fille de Maximilien d’Autriche gouverneur des Pays-Bas.

Dans une époque caractérisée par des guerres politiques et religieuses qui enflammaient tout le continent, elle devint un pion fondamental dans le jeu des alliances.

En 1533 elle reçut en dot les fiefs de Penne, Campli, Leonessa, Cittaducale et Montereale et elle fut promise à Alexandre le Maure duc de Florence qui pour l’épouser, dut attendre quelques années. Leur mariage ne fut pas heureux à cause du caractère de l’époux. En 1537, Alexandre fut assassiné par son cousin Lorenzino de Médicis et Marguerite fut à nouveau libre.

En 1559, Philippe II nomma Marguerite gouverneur des Pays-Bas qui étaient en révolte contre la domination espagnole. Marguerite partit de Plaisance le 25 mai au milieu des acclamations de la foule. Quand elle rejoignit Gand, le roi la présenta aux Etats-Généraux et il lui conféra les pleins pouvoirs.

Elle chercha une médiation pour éviter que n’éclate une révolte, adoucissant la politique anticalviniste que menait Philippe II afin de rapprocher les éléments les plus modérés de la société flamande vers l’autorité royale. Cependant, un conflit éclata qui se termina en sa faveur, l’autorité royale et le culte catholique furent rétablis. Les désaccords avec son frère la conduisirent à demander la fin de sa charge, elle fut remplacée par le duc d’Albe.

Elle décéda à Ortana dans les Abruzzes en 1586, ce qui explique qu’elle ne put être Roy en 1587. Il est cependant probable que son fils dédia son tir et son titre de Roy à la mémoire de sa mère.

Il nous faut cependant insister sur le fait qu’Alphonse WAUTERS dans « La Belgique Communale » lui donne le titre de Roy au Serment de Saint-Georges. Avec ce que nous disions plus haut, ce qui revient à la mère revient probablement également au fils et donc Alexandre doit lui aussi être plutôt repris dans les Roys de Saint-Georges.

Alexandre Farnèse, en italien Alessandro Farnese, de noblesse italienne, est quant à lui, né le 28 août 1545 à Rome et décéda le 2 décembre 1592 à l’abbaye Saint Vaast à Arras-France. Il était le fils d’Octave Farnèse (1524-1586), duc de Camerino, préfet de Rome, Parme, Plaisance, Castro et Ronciglione et, comme nous l’avons dit plus haut, de Marguerite de Habsbourg, dite aussi Marguerite de Parme, elle-même fille naturelle de Charles Quint.

Il fut le troisième duc de Parme, de Plaisance, de Castro et de Ronciglione et gouverneur des Pays-Bas.

Général distingué, il se signala à la bataille de Lépante sous don Juan d’Autriche, en 1571; fut chargé par Philippe II d’Espagne, roi d’Espagne, du gouvernement des Pays-Bas (1578 à 1592) et remporta plusieurs avantages sur Maurice de Nassau.

1590
Antoine de Rubempré, Chevalier, baron de Vertain, Vertigneul, Aubigny, Everberghe, Harvart, Conteville, etc.

Cinquième fils de Charles de Rubempré, vicomte de Moutenaken, seigneur de Bièvres, Rêves, Aubigny, Feluy; Tyberchamps, etc., et de Jeanne de Bousies, dame héritière de Vertaing, Antoine III de Rubempré, chevalier, sire de Vertaing du chef de sa mère et seigneur de Vertigneul, Everbergh, etc., devint gentilhomme de bouche, puis grand maître d’hôtel de la maison royale aux Pays-Bas.

Il fut créé Grand-Veneur du pays et duché de Brabant par lettres patentes du 22 juillet 1581, avec pleins pouvoirs notamment le droit de « commettre un lieutenant général et autres lieutenants particuliers en chacun quartiers, ensemble les compagnons de ladite vénerie, tant à cheval qu’à pied, etc. ».

C’est avec son titre de Grand-Veneur, qu’Antoine de Rubempré figure dans la Joyeuse-Entrée des archiducs Albert et Isabelle parmi la députation de la noblesse du Brabant. On le trouve également dans la pompe funèbre de cet Archiduc (1623).

Il avait épousé Marie d’Averhout dite de Bretagne, fille d’Antoine, seigneur d’Averhout, Helfaut, etc., gouverneur de Saint-Omer et de Jeanne de Renty.

1592
Le Comte Charles de Mansfeld

Charles de Mansfeld, fils de Pierre-Ernest de Mansfeld (qui suit dans notre liste) né à Luxembourg en 1543, décéda à Loùporon (ou Comore ?) et sans postérité, en Hongrie le 7 ou 14 août 1595. Il avait été élevé en France, mais nommé général par Philippe II, il reçut le titre de capitaine général en Flandre. A ce titre, il résida quelque temps à Bruxelles. En 1593 il combattit en France, contre Henri IV. En qualité de Prince de l’Empire, général de l’Armée chrétienne et Impériale de Hongrie, il combattit en 1595 contre les Turcs, ce qui lui sera fatal.

Il est à noter, qu’il avait épousé Marie Christine d’Egmont, fille de Lamoral, prince de Gavre et de Steenhuyzen, et de Sabine de Bavière (Voir les années 1551 et 1559). Elle était donc la sœur de Philippe d’Egmont (Voir l’année 1578) Cette dernière en était par ailleurs à son troisième mariage. Au moment de la conclusion de ce dernier, elle portait le titre de duchesse de Bournonville et était Grande d’Espagne, titres que lui avait apporté son deuxième mariage.

Charles de Mansfeld est également signalé par Alphonse WAUTERS comme étant Roy du Serment de Saint-Georges et non Roy du Grand Serment.

1593

Charles de Lorraine, duc d’Aumale

Décidément, il nous faudra revoir souvent les données de la liste des Roys du Serment nous laissée par l’Abbé MANN, qui à la fin du XIIIe siècle ne devait pas toujours vérifier ses sources ! Cette liste fut malheureusement sans cesse recopiée par tous les auteurs qui se sont intéressé à l’histoire de la Ville de Bruxelles, donc par HENNE et WAUTERS, HYMANS et autres encore.

Lors de la création de cette rubrique, nous n’avions pas trouvé, pour l’année 1593, le « François de Lorraine, duc d’Aumale » mentionné dans cette fameuse liste des Roys. Nous avions cependant lu que : « Fuyant la France d’Henri III, le duc D’Aumale était venu chercher refuge à Anderlecht où il s’était fait construire un château en 1599 » et nous ajoutions : « Nous n’en connaissons pas plus et sommes à la recherche d’une courte documentation concernant François de Lorraine ! Si quelqu’un peut nous aider ? »

Et c’est M. Alain GRAUX, membre du comité de la Société d’Archéologie de Binche et greffier de l’Ordre de Marie de Hongrie — que nous remercions vivement — qui nous apporta la réponse : François de Lorraine, duc de Guise et pas d’Aumale, est mort en 1563 et celui qui tira l’oiseau chez nous, ne put être que Charles de Lorraine, lequel était encore duc d’Aumale à cette date. Il perdra ce titre deux ans plus tard, en 1565 !

Il existe cependant pour cette époque un autre François de Lorraine (né en 1572, mort en 1632), mais comte de Vaudrémont et non d’Aumale. Il faut donc abandonner cette piste, si nous voulons retenir au moins deux points donnés par l’Abbé MANN : la date et le titre de duc d’Aumale.

Charles de Lorraine, né le 25 janvier 1555, mort à Bruxelles en 1631, est duc d’Aumale de 1573 à 1595, pair de France, comte de Maulevrier et de Valier. Il est le fils de Claude II de Lorraine-Guise (1526-1573) et de Louise (Loyse) de Brézé (1518-1577).

Il épousa à Joinville, le 10 novembre 1576, avec dispense papale, sa cousine germaine, Marie de Lorraine (1555-1605), fille de René de Lorraine, Baron d’Elbeuf et de Louise de Rieux. Elle lui donne cinq enfants, les trois premiers mourront jeunes. Survivront : Anne (1600-1638) mariée en 1618 à Henri de Savoie (1572-1632), duc de Nemours ; et Marie, mariée en 1615 à Ambroise, marquis de Spinola.

Comment expliquer qu’un Grand de France vint un jour se mêler aux prétendants du titre de Roy de l’arbalète de Bruxelles ?

Avec son cousin, Henri le Balafré, duc de Guise, il combat le prince de Condé en 1575. Il est élevé par Henri III, chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit, le 1er janvier 1579. Il fut l’un des chefs de Saint-Ligue, laquelle, rappelons-le, visait à combattre les progrès du protestantisme en France. Inspirée et dirigée par Henri le Balafré, elle se transforma en une machine de guerre contre Henri III, coupable à ses yeux de tiédeur, voire de compromission avec l’hérésie.

Charles fut aussi Grand Veneur de France et gouverneur de Picardie. Il conduisit la révolte en Picardie en 1587 et tente un rapprochement avec Henri III. L’assassinat de son cousin en 1588 met fin à ce rapprochement et les combats reprennent. Il est battu à Senlis le 17 mai 1589 par les forces conjointes du roi de France Henri III et d’Henry de Navarre. Fait prisonnier à la bataille d’Ivry, il refuse de se soumettre et continue la lutte. Le Parlement de Paris le condamne pour crime de lèse-majesté et saisit ses biens le 6 juillet 1595. On dit qu’il s’exila alors à Bruxelles, capitale des Pays-Bas espagnols, mais la date de son tir chez nous semblerait prouver qu’il se soit déjà mis à l’abri bien avant cette condamnation.

Ancré désormais dans nos provinces, il devint Grand Fauconnier des Archiducs Albert et Isabelle et fut nommé gouverneur, prévôt et bailli des bois de la Terre et Seigneurie de Binche, Heigne et Jumet par lettre patente du 2 octobre 1611 (A.G.R. – C.C. 8969). Il le restera jusqu’à son décès, à Binche le 13 février 1630.

1595                                                                                                                                                             Pedro Enrique Azavedo

Signalé par Alphone WAUTERS dans « La Belgique communale », comme étant Roy au Serment de Saint-Georges, ce général et homme d’État espagnol est né à Zamora en 1535 (d’autres disent Valladolid, 18 septembre 1560 !) et mort à Milan le 22 juillet 1610. Issu de la famille des Guzman, il prit part aux guerres des Pays-Bas, puis défendit Lisbonne contre les Anglais. Envoyé aux Pays-Bas espagnols par Philippe II en 1591, on le voit conseiller écouté de Ernst von Mansfeld. et Ernest d’Autriche, à la mort duquel (1595) il devint éphémère gouverneur des Pays-Bas espagnols. Il reprend le Catelet, Doullens et Cambrai. Nommé gouverneur du Duché de Milan de 1600 à 1610, il pousse à la reprise de la la guerre avec la France et correspond avec Biron. Le roi d’Espagne le désavoue, mais ne le destitue point. Ce fut un rude soldat et un politique sans scrupules de l’école du duc d’Albe, dont il était par ailleurs le beau-frère.

1598
Pierre-Ernest, comte de Mansfeld

Général allemand, né en Saxe le 20 juillet 1517, mort à Luxembourg le 22 mai 1604.

Envoyé à la cour de Charles-Quint, il prit part à la campagne de Tunis (1535), puis aux dernières campagnes contre le roi de France François 1er (1542-1544), s’illustra au siège de Landrecies (1543) et fut nommé en 1545, gouverneur du duché de Luxembourg et de Bruxelles. Dans la campagne de 1562 contre la France, Mansfeld envahit la Champagne, mais fut fait prisonnier dans Ivoy ; relâché en 1557, il empêcha le duc de Guise de s’emparer de Luxembourg (1559). Plus tard, il amena des secours à Charles IX contre les huguenots français (1569). Il fut aux Pays-Bas, un des partisans les plus énergiques des Espagnols et du parti catholique. Il remplit à plusieurs reprises les fonctions de gouverneur général des Pays-Bas. En 1594, il fut nommé prince de l’Empire.

Lui aussi est déclaré par Alphonse WAUTERS comme Roy au Serment de Saint-Georges et non chez nous, le Grand Serment.

1607
Louis de Velasco y Aragon, comte de Salazar et de Castelnuovo
marquis de Belveder

Général de cavalerie de S.M. Catholique (entendez le roi d’Espagne), il épousa Anne de Hennin-Liétard, dite de Boussu, fille de Jacques, baron d’Auxy et de Marie de Hannaert, héritière de Liedekercke. Cela explique donc sa présence à Bruxelles à cette date.

Il fut créé chevalier de la Toison d’Or en 1621, brevet 350. Vous ne retrouverez cependant pas le collier sous ses armes, Il ne l’aura que dans quatorze ans !

1615
L’Archiduchesse Isabelle, infante d’Espagne

L’infante Isabelle-Clara-Eugenia d’Espagne est née à Ségovie le 12 août 1566, de Philippe II d’Espagne et de sa troisième épouse Élisabeth de Valois. Ses grands-parents paternels étaient l’empereur Charles-Quint et Isabelle du Portugal. Ses grands-parents maternels étaient Henri II de France et Catherine de Médicis.

Son père, Philippe II, aurait été rempli de joie à sa naissance et il aurait lui-même déclaré en être plus heureux qu’il ne l’aurait été de la naissance d’un fils. Philippe avait déjà un héritier mâle, Don Carlos d’Espagne, issu de son premier mariage avec la princesse Marie de Portugal. Il fut cependant tué à l’âge de 23 ans (en 1568), son père le soupçonnant de conspiration contre lui, ce qui fit d’Isabelle sa prime héritière.

En 1589, les Ligueurs cherchèrent à la placer sur le trône de France en tant que petite-fille d’Henri II, roi de France, mais la chose ne réussit point.

En compensation et à l’occasion de son mariage (1599) avec son cousin Albert de Habsbourg, fils de l’Empereur Maximilien II, Isabelle reçoit en dot le gouvernement des Pays-Bas, qu’elle partage avec son mari, ainsi que les comtés de Bourgogne et de Charolais.

La paix établie aux Pays-Bas, le couple, profondément catholique, réforme la justice, développe l’économie du pays, installe sa cour à Bruxelles et s’entoure d’artistes comme RUBENS, Jan Brueghel ou Wenceslas Cobergher.

Le Traité de Londres du 29 août 1604 et la Trêve de douze ans signée le 9 avril 1609 entre l’Espagne catholique et les Pays-Bas protestants doivent beaucoup à l’engagement actif des archiducs dans les négociations. Pour les Pays-Bas, c’est la fin d’un embargo qui paralysait le commerce.

À la mort d’Albert en 1621 Isabelle rejoint l’Ordre des Clarisses et le roi d’Espagne la nomme à son tour gouverneur des Pays-Bas. Sa mort, en 1633, met fin pour les Pays-Bas à une période d’essor et de calme. Faute d’héritier, le gouvernement d’Albert et Isabelle retourna sous l’autorité espagnole. En 1648, cinquante ans après l’avènement d’Albert et Isabelle, la Paix de Westphalie marque la fin de la guerre civile qui sépare définitivement les Pays-Bas de la couronne espagnole.

1627
Nicolas de Montmorency

Dit aussi vicomte d’Aire, était capitaine de cavalerie. Fils de Jean de Montmorency, comte de Moerbeecke, d’Estaire, vicomte d’Aire, baron de Wastines, de Haveskercke et de Robecque, chevalier de la Toison d’Or, maître d’hôtel des archiducs Albert et Isabelles, d’une part et de Madeleine d’Aix, fille du baron des deux Aubignies, d’autre part.

De bonne noblesse certes, mais son séjour sur cette terre fut rapide. Il mourut à Gand le 4 novembre 1629, deux ans après son tir de Roy, âgé de vingt-trois ans à peine.

Il nous faut pour ce personnage, ajouter une remarque qui nous paraît importante.

Un extrait du registre intitulé “Wynveeringen “ reprend une décision du Grand Serment datée du 17 avril 1635, duquel il appert qu’en mémoire des bienfaits de son auguste protectrice, l’Infante Isabelle, le Grand Serment ne tira plus l’oiseau aussi longtemps qu’elle vécut et maintint cet état de fait après sa mort, dans l’attente de ses funérailles officielles. La décision,ainsi motivée, était destinée à expliquer au Cardinal Infant Ferdinand, la raison du refus qu’il dut essuyer de ne pouvoir tirer – comme l’avait fait précédemment de nombreux dignitaires de nos provinces – l’oiseau au Grand Serment. L’Infant Cardinal, par ailleurs, accepta la raison donnée et semble avoir retiré sa demande.

Dans ces conditions, nous émettons un doute quant au titre de Roy du Grand Serment que l’on donne, dans le tableau habituel, à Nicolas de Montmorency. Qu’il fut Roy, nous le croyons, mais alors, ce fut soit au Petit Serment de l’Arbalète, soit chez les Arquebusiers !

1643
Philippe-François duc d’Arenberg et de Croÿ, prince de Chimay

Il s’agit de Philippe-François (1625-1674), septième duc d’Aerschot et premier duc d’Arenberg, militaire. grand bailli et capitaine-général du Hainaut.

Premier duc souverain d’Arenberg en vertu d’une bulle d’Or du 9 juin 1644, l’Empereur Ferdinand III, ayant érigé la souveraineté primitive d’Arenberg en duché. Jusqu’à ce moment, elle n’était que comté. L’empereur reconnaît la maison d’Arenberg pour alliée de sang à plusieurs rois de la chrétienté et aux plus illustres maisons de l’Europe. La dignité ducale est héréditaire et commune à tous les descendants tant en ligne masculine que féminine.

Sa femme, Madeleine de Borgia y Doria, épousée en 1642, lui donna deux enfants qui mourront en bas-âge et le duc décèdera à Bruxelles en 1674, sans descendance, laissant la succession à son demi-frère Charles Eugène d’Arenberg (1633-1681), qui deviendra donc deuxième duc souverain d’Arenberg et huitième duc d’Aarschot. Ce deuxième duc épousera Marie-Henriette de Cusance, marquise de Varambon, baronne de Perwez en 1660. Leurs deux fils Philippe-Charles-François et Alexandre tomberont au champ d’honneur, respectivement en 1691 et en 1683.

1649
Charles IV de Lorraine

Charles de Vaudémont, né le 5 avril 1604, mort à Bernkastel le 18 septembre 1675, fut duc de Lorraine et duc de Bar en droit de 1625 à 1675 et en fait de 1625 à 1634, en 1641 et de 1659 à 1670, sous le nom de Charles IV. Il était fils de François de Lorraine, comte de Vaudémont puis duc sous le nom de François II de Lorraine, et de Christine de Salm.

Charles de Vaudémont passa son enfance à la Cour de France et fut compagnon de jeu du futur Louis XIII.

En novembre 1625, François de Vaudémont, son père, s’appuyant sur le testament de René II, revendiqua le duché de Lorraine. Les États généraux de Lorraine estimèrent sa requête légitime et François de Vaudémont devint duc le 21 novembre 1625 sous le nom de François II de Lorraine. Cinq jours plus tard, il abdiqua en faveur de son fils, qui devint de plein droit le duc Charles IV.

Nous n’entrerons pas ici dans les relations houleuses qui existaient entre la France et la Lorraine. Ce serait trop long, mais en finale Charles se trouva dans l’obligation d’abdiquer, le 19 janvier 1634, en faveur de son frère Nicolas François et alla prendre un commandement des troupes impériales. Il combattit les Suédois, puis les Français, sur qui il remporta plusieurs succès, ce qui le poussa à négocier de nouveau avec la France et par le traité de Saint-Germain-en-Laye du 2 avril 1641, il récupéra ses états exsangues, mais dut accepter le protectorat français et s’engager à ne pas conclure d’alliance avec la maison d’Autriche. Nonobstant, quelques semaines plus tard à peine, il soutint le complot du comte de Soissons.

Richelieu, après avoir maîtrisé les coupables, décida d’arrêter Charles IV qui réussit à s’enfuir fin juillet 1641. Chassé de ses états, il se retira à Bruxelles où il occupa le refuge de l’abbaye de Grimberghe, rue des Fripiers. Voilà en grand, résumé l’explication du fait qu’il en vint à tirer notre oiseau.

Bien que selon l’historien de la fin du XVIIIe, l’abbé MANN, ce ne serait pas au Grand Serment, mais chez les Arquebusiers, que fut réussi cet exploit ! Comme nous sommes détenteur des traditions des Arquebusiers…

1651
L’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg

Né à Wiener-Neustadt, le 5 janvier 1614 et décédé à Vienne, 20 novembre 1662, il fut gouverneur général des Pays-Bas espagnols, chef militaire et mécène.

Dernier fils de Ferdinand II de Habsbourg et de Marie-Anne de Bavière (1574-1616), il est le frère cadet de Jean-Charles de Habsbourg (1605-1619) et de Ferdinand III (1608-1657) qui succéda à leur père comme empereur.

En tant que fils cadet d’une famille princière, une carrière classique de Prince de l’Église lui était d’abord réservée. Il fut Grand-Maître des Chevaliers Teutoniques, évêque de Halberstadt, de Magdebourg, d’Olmütz, Passau, Breslau et de Strasbourg, cumul qui n’était pas exceptionnel à l’époque.

Il passa cependant la plus grande partie de sa vie à faire la guerre, ce pour quoi on le représente le plus souvent couvert d’une cuirasse, avec un bâton de maréchal.

En 1640, pendant la guerre de Trente Ans, il réussit à chasser les Suédois de Bohême, mais ils le battirent à Breitenfeld en 1642. En 1645 il défit à la (de) Brigittenau, une avant-garde de Suédois, de sorte que ceux-ci renoncèrent à attaquer Vienne.

En tant que gouverneur général des Pays-Bas espagnols, il conclut, par le Traité de Münster (1648), une paix avec les Provinces-Unies et combattit aussi la France.

Alphonse WAUTERS (Belgique Communale paru en 1847) le signale comme Roy au Petit Serment

1698
Maximilien-Emmanuel de Bavière

Maximilien-Emmanuel de Bavière est né à Munich le 11 juillet 1662 et mort dans cette même ville le 26 février 1726.

Il fut électeur de Bavière, gouverneur des Pays-Bas espagnols de 1692 à 1706 et chevalier de l’Ordre de la Toison d’Or en 1692.

C’est sous son gouvernement que Bruxelles fut assiégé et bombardé par le maréchal de Villeroy (1695). L’électeur prit une part non négligeable aux travaux de reconstruction de la ville.

Si plusieurs auteurs lui ont attribué le titre de Roy du Grand Serment des arbalétriers en 1698, tous aussi sont d’accord pour localiser l’événement à la Grosse Tour, qui était l’espace réservé aux … Arquebusiers.

Nous remettons donc, une fois de plus, à César ce qui appartient à César.

1751
Charles-Alexandre, duc de Lorraine et de Bar

Né à Lunéville,le 12 décembre 1712 ; mort au château de Tervuren, près de Bruxelles, 4 juillet 1780, inhumé le 10 en l’église collégiale Sainte-Gudule, Bruxelles). Gouverneur général des Pays-Bas autrichiens(1748-1780), chevalier de l’Ordre de la Toison d’or. Elu grand maître de l’Ordre Teutonique le 3 mai 1761, il en reçut l’investiture de l’Empereur d’Autriche le 20 novembre suivant.

Il était le douzième enfant de Léopold Ier, duc de Lorraine et de Bar, et d’Élisabeth Charlotte d’Orléans.

Il était beau-frère de l’impératrice Marie-Thérèse à double titre puisqu’il était à la fois le frère de son mari l’empereur François Ier et le mari de sa sœur l’archiduchesse Marie-Anne d’Autriche (1718-1744) qu’il avait épousé à Vienne le 7 janvier 1744. Il fut fait maréchal d’Autriche en 1740. En avril 1741, il fut désigné comme successeur aux Pays-Bas de la gouvernante générale, l’archiduchesse Marie-Élisabeth et il lui succéda effectivement en août. Cependant, en raison de la Guerre de Succession d’Autriche, il ne put rejoindre son poste aux Pays-Bas qu’en 1744.