Vous avez dit Gilde ?

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Sous ce très long vocable se cachent plus de huit siècles d’histoire, auxquels nous allons tenter de vous intéresser.

Sachez d’abord que nous sommes une Gilde. Ne parlez donc pas de nous comme d’une association, d’une société ou d’un groupement ! Non ! nous sommes une Gilde !

Certes, des points de vue administratifs et légaux actuellement en vigueur dans notre pays, nous ont mis dans l’obligation d’adopter la forme juridique d’A.S.B.L. ! Nous laisserons cependant ce point de détail aux seuls soins de notre secrétaire qui fatalement doit s’y référer constamment. Nous, nous nous permettrons de glisser seulement sur les sentiers de l’histoire !

Nous avons été la deuxième société belge reconnue et autorisée à porter le titre de « royale », et ce, à partir de 1852. Avant nous, la Grande Harmonie de Bruxelles avait également eu ce privilège. Cette dernière étant dissoute, nous sommes devenus, de fait, la société royale la plus ancienne de Belgique.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une Gilde ?

Le terme « Gilde » ou « Guilde », trouve son origine dans le moyen néerlandais issu du latin médiéval : Gilda, signifiant troupe et par extension corporation.

Les Gildes armées, dont nous faisons partie, étaient constituées dans les premiers temps, en une réunion de Compagnons armés pour la défense de la communauté, dont les membres versaient un écot destiné aux frais d’un banquet annuel, tradition séculaire des grandes gildes. A leur tâche militaire s’ajoutait un devoir religieux doublant étroitement leur devoir civique.

Certaines gildes, et c’est notre cas, recevront le  titre de « Serment », leur octroyé parce que certains de ses compagnons, tireurs gagés par les villes, étaient tenus de jurer fidélité et allégeance au prince et à l’administration du lieu.

A l’heure actuelle, les membres admis en qualité de nouveau compagnon arbalétrier, prononcent toujours, en présence de l’Officier représentant notre Grand Maître, Sa Majesté Philippe, et par-devant notre chapelain, la formule ancienne de prestation de serment de 1213 :

« Je jure fidélité au Duc de Brabant  et au conseil de sa bonne Ville de Bruxelles, aide et obéissance au régiment de ma Gilde et de respecter les statuts et règlements de l’Ancien Grand Serment de l’Arbalète.  Ainsi m’aident Dieu et Notre-Dame au Sablon ».

En temps de paix, les arbalétriers de la Grande Gilde exerçaient un rôle de police à l’intérieur de l’enceinte de la cité. Ainsi, ils étaient appelés à ce service lors des incendies nombreux à l’époque, la plupart des bâtiments étant recouverts de toit de chaume. En fait, ils protégeaient les pompiers volontaires, souvent des moines, de la curiosité de la foule et prévenaient les pillages. Si vous assistez un jour à notre messe de l’Ascension, vous verrez une délégation de pompiers en tenue à l’ancienne. L’un et l’autre se retrouvaient sur le front du feu, et c’est ce que l’on désire encore montrer.

Une activité moins connue par le grand public est celle du rôle social qu’exerçaient les arbalétriers de la Grande Gilde auprès des plus faibles et plus démunis de la société de l’époque. Cet esprit est toujours d’actualité en notre Serment. Le premier souverain belge, Léopold Ier, très au courant de ce fait, n’oublia pas de faire broder sur l’avers de la bannière qu’il nous offrit, en symbole de notre engagement social, le pélican qui s’ouvre la poitrine pour nourrir ses petits.